Eolienne citoyenne

Il est triste de devoir constater qu’ à un moment où des citoyens s’engagent avec leurs ultimes moyens pour sauvegarder leur environnement, des organisations soi-disant citoyennes et écologiques les encerclent déjà comme des vautours, afin de pouvoir attaquer du moment que leur résistance ait échoué.

Prenons par exemple la coopérative Courant d’Air (SCRL FS avec siège social à Butgenbach/Elsenborn). Le ministre wallon de l’environnement et de l’aménagement du territoire, Di Antonio, voudrait que des organisations citoyennes soient impliquées dans la gestion de centrales éoliennes. Ah oui, évidemment; vu que dans le monde entier des riverains s’opposent à la destruction de leur environnement, il faut trouver des complices à première vue fiables qui veulent donner l’illusion que la population approuve et même profite de ces projets industriels. C’est le rôle que joue Courant d’Air dans huit projets éoliens en Wallonie. Et cette société à finalité sociale n’a pas de scrupules dans ce jeu. Regardons un peu son Rapport d’activités 2016.

En mars 2016 Courant d’Air a signé une convention avec Electrabel pour les droits de construction et d’exploitation d’une des six éoliennes prévues à Trois-Ponts. Pourtant, il était déjà clair en ce moment qu’une centrale éolienne à l’endroit prévu, en zone forestière, serait en infraction du Cadre de référence 2013. Ce Cadre de référence est le document du gouvernement wallon qui contient « des orientations propres à encadrer l’implantation des éoliennes d’une puissance supérieure à 100 kW* en Wallonie ». Or, ce texte stipule que des éoliennes ne peuvent être implantées en zone forestière qu’à condition qu’elles soient établies « en continuité d’un parc existant ou d’un projet de parc situé en dehors de la zone forestière ». Ceci ne serait clairement pas le cas à Trois-Ponts. En fait, Electrabel a admis que l’on devrait attendre un précédent ailleurs (c.à.d. à Lierneux), où le Conseil d’Etat devrait d’abord accepter cette dérogation du Cadre de référence, pour pouvoir persister à Trois-Ponts. Une dérogation du Cadre de référence à Lierneux signifierait donc un précédent qui mettrait une fin à la protection des forêts contre l’implantation de centrales éoliennes. Adieu forêts ardennaises.

Tout cela pourtant ne gêne pas Courant d’Air. Non seulement la coopérative « assume 1/6 des coûts de développement et prend ainsi sur elle le risque du développement », elle s’engage également « à faire le travail de communication nécessaire pour rallier les citoyens et les administrations au projet ». Beau travail de mercenaire au profit d’Electrabel.

Courant d’Air a essayé de répéter ce truc avec EDF Luminus et la commune de Lierneux pour le projet éolien à Lambiester. Selon le compromis convenu avec Luminus, Courant d’Air « recevrait entre 1 et 1,5 éoliennes », variant selon un accord encore à conclure avec la commune. Là, quelque chose a cloché (en 2016) ; le collège de Lierneux ne voudrait pas s’impliquer dans plus d’une seule éolienne. Néanmoins, « Comme mentionné dans l’introduction, le projet se trouve au Conseil de l’Etat (sic). Courant d’Air essayera à nouveau au moment opportun de rallier la commune à sa proposition ».

Ce qui ne cesse de surprendre dans tout cela est l’acharnement avec lequel compagnies énergétiques, administrations régionales et locales, et sociétés coopératives continuent à essayer de faire avaler à une partie de la population des initiatives industrielles et polluantes qui constituent une menace pure et simple pour leur environnement et leur bien-être général.

 

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Académie Nationale de Médecine

En mai 2017 l’Académie Nationale de Médecine à Paris a publié un rapport sur les Nuisances sanitaires des éoliennes terrestres. Ce texte a été adopté avec 92 voix pour, une voix contre et quatre abstentions.

Ici déjà quelques éléments de réflexion reproduits dans le résumé :

« L’extension programmée de la filière éolienne terrestre soulève un nombre croissant de plaintes de la part d’associations de riverains faisant état de troubles fonctionnels réalisant ce qu’il est convenu d’appeler le syndrome de l’éolienne . Le but de ce rapport était d’en analyser l’impact sanitaire réel et de proposer des recommandations susceptibles d’en diminuer la portée éventuelle.

Si l’éolien terrestre ne semble pas induire directement des pathologies organiques, il affecte au travers de ses nuisances sonores et surtout visuelles la qualité de vie d’une partie des riverains et donc leur état de complet bien-être physique, mental et social lequel définit aujourd’hui le concept de santé. »

Le groupe de travail recommande entre autres :

« – de s’assurer que lors de la procédure d’autorisation l’enquête publique soit conduite avec le souci d’informer pleinement les populations riveraines, de faciliter la concertation entre elles et les exploitants, et de faciliter la saisine du préfet par les plaignants,

– de n’autoriser l’implantation de nouvelles éoliennes que dans des zones ayant fait l’objet d’un consensus de la population concernée quant à leur impact visuel, sachant que l’augmentation de leur taille et leur extension programmée risquent d’altérer durablement le paysage du pays et de susciter de la part de la population riveraine – et générale – opposition et ressentiment avec leurs conséquences psychiques et somatiques.

– de ramener le seuil de déclenchement des mesures d’émergence à 30 dB A à l’extérieur des habitations et à 25 à l’intérieur,

– d’entreprendre une étude épidémiologique prospective sur les nuisances sanitaires. »

Vous trouvez le rapport intégral sous la rubrique Documents/éoliennes et leur impact

 

 

Avis intelligent

A Passendale (Flandre occidentale) la commune a donné un avis négatif sur une demande de permis pour la construction de deux éoliennes. Tractebel Engie avait l’intention de bâtir deux turbines sur la crête de Westrozebeke.

La commune invoqua la valeur de la nature sur la colline et décida que « l’implantation en haut d’une crête de pareilles structures énormes est éprouvée comme extrêmement dérangeante ».

Des gars intelligents et empathiques, là-bas à Passendale.

 

Paysage et droits de l’homme

De nos jours, un paysage est plus qu’un simple tableau ou un beau panorama ; dans la littérature théorique on le considère plutôt comme une relation culturelle entre l’environnement et des êtres humains.  Prenons par exemple l’article 1 de la Convention européenne du paysage du Conseil de l’Europe (2000), selon lequel « Paysage désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ». Un paysage est donc créé par la perception humaine, et on peut estimer qu’il puisse être traité comme un vrai bien commun.

Le paysage peut être considéré non seulement en tant que bien commun, mais également comme bien publique. C’est-à-dire que, pour ce qui est des générations futures, il convient de sauvegarder la possibilité de relations socio-politiques se jouant dans les paysages, autant que de protéger  l’environnement. Dans plusieurs textes et déclarations le caractère de bien commun ou de bien public du paysage est accentué pour souligner un engagement à améliorer et à renforcer sa relation inhérente entre nature et culture.

Les concepts de ‘paysage’ et de ‘bien commun’ sont depuis toujours entrelacés par des lois et des coutumes réglant la gestion de la terre. Même aujourd’hui les grandes déclarations mentionnent la participation bottom-up (de bas en haut) et la gouvernance collective parmi les objectifs primordiaux de la gestion contemporaine de paysages. On reconnaît en plus que la perception du paysage (soit urbain, soit rural) contribue à la construction d’une identité sociale. La Déclaration de Florence sur le paysage 2012 de l’UNESCO établit même un lien entre paysages et droits de l’homme (comme le fait également la Convention européenne du paysage déjà mentionnée, à laquelle d’ailleurs se réfère le ministre wallon de l’environnement dans ses décisions sur l’implantation de centrales éoliennes).

Il y a un lien entre droits de l’homme et paysages, non seulement lorsqu’il s’agit de zones conflictuelles ou de territoires indigènes, mais également quand il s’agit des  paysages et des environnements de tous les jours qui sont menacés et abîmés. De ce point de vue, le paysage devient ‘éthique’, plutôt que simplement esthétique. De là aussi l’importance de réfléchir sur un ‘droit au paysage’ pour exprimer cette relation avec les droits de l’homme. Si l’on considère (la perception d’) un paysage comme un bien commun et public, impliquant diverses fonctions et capacités de gestion collective, on peut en déduire ou y attribuer des droits. Une population aurait droit au respect du paysage dans la résolution de divers conflits sociaux ; le paysage lui-même aurait droit à la protection et la sauvegarde à plusieurs niveaux (y compris faune et flore).

 

Laura Menatti, ‘Landscape: from common good to human right’, International Journal of the Commons, Vol. 11, no 2 2017, pp. 641–683

https://www.thecommonsjournal.org/articles/738/

Ce post a paru également sur http://durieux.eu/blog/paysage-et-droits-de-lhomme.

Revers mortel

Si dans nos régions il y a peu d’accidents mortels causés par des éoliennes, la situation est bien différente là où l’on produit l’essentiel de ces machines. En effet, depuis des années pratiquement tous les producteurs d’éoliennes (Siemens, Alstom, General Electric, …) intègrent des aimants à base de néodyme (voir p.e. un des candidats pour la zone éolienne de Lierneux/Lambiester, Vestas). Or, ce néodyme est une « terre rare » que l’on extrait surtout dans la région de Baotou, en Chine. Des dizaines d’ouvriers et d’habitants locaux payent de leur vie pour la production d’ « énergie verte » en Allemagne, aux Pays-Bas, en France … et en Belgique.

L’aimant à base de néodyme est une des parties élémentaires du générateur d’une éolienne. Ce générateur convertit l’énergie de rotation en électricité. Mais ces aimants, notamment ceux à base de néodyme, emploient une grande quantité de terres rares, jusqu’à 600 kg pour une éolienne de 3,5 mégawatts. Il y a quelques années, des projections estimaient qu’il faudrait 150 000 tonnes de néodyme pour fournir 250 gigawatts d’énergie éolienne supplémentaire (https://www.industrie-techno.com/quand-les-eoliennes-seront-des-mines-de-terres-rares.12448).

Les aimants à néodyme sont fabriqués en premier lieu en Chine, dans la région de Baotou, près de la frontière mongolienne. C’est là que l’on trouve dans le sol les « terres rares » dont on a besoin pour fabriquer les aimants des éoliennes. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette matière n’est pas vraiment rare ; elle est plutôt difficile à obtenir parce qu’elle n’est pas concentrée dans une « veine », comme l’or ou le cuivre, mais qu’elle est mélangée avec d’autres matières (radioactives), comme le thorium et l’uranium. Après le traitement du néodyme, ces autres matières sont déversées dans des bassins et des lacs (artificiels). Le résultat : les eaux souterraines contaminées, l’air contenant  de hautes concentrations de matières toxiques, les plantes, les animaux et les hommes tombant malades.

Des visiteurs de Baotou témoignent d’un désastre humanitaire à une échelle sans précédent. Tout près de la ville se trouvent des centaines d’usines métallurgiques avec leurs cheminées et leurs tours de refroidissement.

Baotou

Des immenses champs de blé et de maïs d’il y a dix ans, il ne reste plus rien. A leur place il y a maintenant un lac artificiel de 120 km², plein de déchets chimiques et couvert de poussière noire. Le tout est encerclé de digues d’une dizaine de mètres de haut et gardé par un peloton de gardiens. Il n’y a plus d’agriculture, et l’eau qui fuit du bassin se mélange avec celle de la Rivière Jaune, une des voies d’eau les plus importantes de la Chine. C’est dans cette énorme bouilloire de produits chimiques qu’est versé annuellement sept millions de tonnes de résidus de terre rare qu’on a traitée d’acides et de produits chimiques afin d’en retirer le néodyme. Il y a quelques années ce lac toxique était déjà profond de plus de trente mètres, et chaque année le niveau augmente d’un mètre.

Les près de deux millions d’habitants de Baotou respirent quotidiennement ces buées venimeuses. Ils souffrent de toutes sortes de maux physiques : perte de dents et de cheveux, affections respiratoires et cutanées, cancers, … La situation de la santé est désastreuse. Et tout cela à cause de l’exploitation de néodyme dont ont besoin les entreprises éoliennes.

Bien sûr, c’est en premier lieu la Chine qui devrait être responsable pour la situation sanitaire dans les centres de production de matières toxiques. Mais il y a également une responsabilité ici, de la part des promoteurs d’une idéologie fanatique de l’ »énergie verte », mais surtout de la part des entreprises et des petits politiciens locaux  qui connaissent bien les dégâts que cause leur appât du gain. De l’énergie verte et durable ?  Oui, mais pas à tout prix ; pas au détriment de populations et de nature sacrifiées là-bas et ici. Rappelons-nous l’histoire de la production de vêtements à prix extrêmement bas au Bangladesh, au Cambodge, au Vietnam, et oui, en Chine. On commence à se rendre compte maintenant que ce que les Primark de ce monde offrent en vêtements bon marché est en premier lieu le fruit de l’exploitation et de la souffrance d’enfants, femmes et hommes dans des situations vulnérables. Un produit résultant de la misère d’autrui n’est pas un produit « écologique ».

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Parlement des Choses

En 1991 le philosophe/anthropologue français Bruno Latour lança un appel à convoquer un Parlement des Choses. Depuis 2015 plusieurs personnes ont entamé l’organisation d’un tel parlement : un endroit physique, un site web, une histoire, un rêve, un bâtiment, un rituel ? Un architecte et un directeur de théâtre sont en train d’élaborer concrètement le projet : « un espace où des bactéries, des écureuils, des lacs, des gens, des fougères se rencontrent pour prendre des décisions ensemble ».

Le Parlement des Choses serait avant tout une manière d’échapper eux soucis et aux angoisses à propos du changement climatique. En ce moment, les réactions dominantes au changement climatique sont ou bien apocalyptiques, ou bien on met tout espoir sur une sorte de solution technologique. Les gens du Parlement des Choses par contre veulent examiner et critiquer l’opposition entre nature et culture qui sous-tend ces deux réactions. Leur procédure pourrait paraître ludique et joyeuse, mais le point de départ est bien sérieux.

Aujourd’hui, un groupe de personnes autour du directeur de théâtre à Amsterdam est en train d’esquisser des rituels pour transformer des participants en montagne, ou en forêt, ou en poisson rouge – n’importe – et leur mettre à disposition des moyens de communication pour s’exprimer. Il est clair que la communication au Parlement des Choses ne sera pas évidente. Il se peut que la Mer du Nord introduise une affaire contre les humains, en invoquant que les intérêts humains sont beaucoup trop dominants. Alors les algues pourraient réagir : « Bof, cela ne nous dérange pas ; en tout cas, nous, on survivra toute manigance humaine. » Mais quoiqu’il arrive, l’idée est de juger des intérêts de la Mer du Nord en partant d’une perspective beaucoup plus large que celle de l’économie ou même de la durabilité. C’est du bien-être de la mer elle-même qu’on devrait tenir compte. Et cela requiert de la part des humains de considérer les non-humains comme des acteurs autonomes avec leur propre rythme et leurs propres systèmes de valeurs.

Tiré par les cheveux ? Non, pas vraiment. Si une entreprise peut bien être une personne juridique, pourquoi pas la mer? Il y a des précédents. La constitution Equatorienne reconnaît les droits de sa forêt tropicale en tant que système écologique. Récemment, une rivière Nouvelle-Zélandaise, la Whanganui, est devenue une personne juridique. Aux Etats Unis il y a cette vieille histoire d’un général qui retourne de la guerre civile. Tellement heureux et reconnaissant il était de retrouver devant sa maison familiale le vieil arbre qui était déjà là avant son départ, qu’il décida de lui donner la liberté. Il rédigea un acte dans lequel il concéda la parcelle sur laquelle l’arbre se trouvait à l’arbre lui-même. Le vieil arbre est mort aujourd’hui, mais il y en a un nouveau au même endroit, à Athens, Georgia, toujours connu sous le nom de The Tree that Owns Itself.

Le Parlement des Choses se considère en tant que partie d’une longue histoire d’émancipation, au même niveau que celle des noirs ou des femmes qui eux/elles aussi ont dû lutter pour devenir des sujets politiques. Bien sûr, il n’est pas aisé de s’imaginer les animaux et les choses comme sujets. Une voie à suivre pourrait être l’élaboration de l’analogie avec les enfants : les enfants possèdent une personnalité, des intérêts et des droits, mais ils ne sont pas en état de se représenter juridiquement eux-mêmes. C’est pourquoi on a développé un système de tuteurs. Pourquoi pas instaurer la possibilité de devenir tuteur légal d’un animal particulier ou d’un objet naturel ? Evidemment, il y aura des problèmes : des problèmes de démarcation (est-ce que des sous-espèces peuvent revendiquer leur propre statut ?), des problèmes d’appréciation (est-ce que chaque voix a la même valeur ?). On peut même se demander si une légalisation des choses naturelles soit la voie la plus adéquate à suivre. Mais au moins, se poser ces questions est déjà une expérience fascinante.

Le Parlement des Choses devrait être un espace public où les gens communiquent avec des non-humains à base égale. Un parlement est un endroit où l’on fait des lois. Dans ce sens, c’est un endroit de pouvoir. Mais c’est également un lieu de communication, qui a plutôt à voir avec l’éthique et la spiritualité. Même si aujourd’hui, on ne sait pas encore où aboutira ce procès, on peut tout de même espérer d’en sortir plus cultivé en se posant ces problèmes et questions.

Texte basé sur une interview de Thijs Middeldorp : ‘The Parliament : A New Public Space’

 

 

Valeur et prix

Il est parfaitement possible d’estimer en termes monétaires la valeur sociale d’une forêt. C’est ce que prétend Sander Jansens, bioingénieur et gérant du bureau d’études Landmax, à Beringen (Limbourg). Pour ce calcul il fait appel à un logiciel développé par Universiteit Antwerpen et le centre de recherche Vito.

« Une forêt a une valeur importante pour notre cadre de vie. Ce qu’elle a à offrir profite à toute la société. On appelle cela des services écosystémiques. Purification de l’air, stockage de carbone ou d’eau, protection contre l’érosion – mais aussi bien sûr le calme, la détente et les loisirs. Traduire ces valeurs en chiffres permet peut-être de faire appel aux propriétaires fonciers ou aux acteurs économiques dans le sens stricte. »

Landmax a évalué à Genk la valeur de la forêt de 12 ha que l’entreprise Essers voudrait accaparer pour y construire un parking et des halles de stockage. Le bureau a estimé la valeur de facteurs tels que l’assainissement de l’air, le stockage de carbone et la contribution au rafraichissement de la température. « On arrive à 51.000 euros par an. Voilà ce que la société pourrait économiser en dépenses en matière de santé.  Est-ce beaucoup ? Cela dépend de l’importance que vous attachez à certaines valeurs. »

Selon Jansens le grand inconnu dans ces calculs est le facteur de la biodiversité. Il est difficile de définir la valeur de la préservation d’une multitude de genres botaniques et animales. « Au fond, celle-ci est  hors de prix. »

Les gens de Landmax ont des doutes en ce qui concerne les mesures compensatoires pour la destruction de parcelles qui font partie d’une vaste zone forestière. Mieux vaudrait la sauvegarde de grandes forêts situées pas trop loin des villes. « Les gens ont droit à leur nature et à leur forêt. Des recherches ont établi que la nature rend heureux. Regardez les réactions fortes des citoyens lorsque l’on abat des arbres en ville. Plus que jamais, les gens sont attachés à leurs arbres. »

Ce texte est basé sur l’article paru sur de Standaard : ‘Een bos is meer waard dan je denkt’.

Sucre

Le régime européen des quotas sucriers est venu à sa fin le 30 septembre. Pendant près de cinquante ans la quantité de sucre destiné à la nourriture était limitée sur le marché européen. On craint maintenant que, à l’instar de la suppression des quotas laitiers en 2015, cette réforme mènera à des problèmes sérieux pour les producteurs de betteraves sucrières. En effet, comme il n’y a plus de limites à la production de betteraves sucrières, beaucoup de cultivateurs ont déjà augmenté leur production cette année-ci. Pour la Belgique, on compte 64.439 ha de betteraves sucrières en 2017, soit une augmentation de plus de 14 % par rapport à 2016. En plus, 2017 semble être une bonne année pour la récolte. On s’attend donc aussi à une augmentation de la production de sucre.

Mais ces productions augmentées ont leurs conséquences : les prix sont en baisse. Fin 2016, on payait environ 500 euros par tonne de sucre de betterave ; cette année-ci le prix a baissé d’environ 28 %, jusqu’à 340-350 euros par tonne. La situation rappelle celle des agriculteurs producteurs de lait. Après la suppression des quotas, la surproduction de lait faisait baisser les prix ; des agriculteurs essayaient de neutraliser cette perte de prix par unité en produisant encore plus, ce qui mena à des prix encore plus bas, et encore plus de production, etc. … jusqu’au moment où l’on a dû constater l’existence d’un lac de lait et (encore une fois) d’une montagne de beurre.

L’argument de la Commission européenne pour supprimer les quotas sucriers est qu’une production croissante et des prix plus bas soutiendraient les producteurs de sucre européens dans leur conquête d’un plus grande partie du marché mondial. Deux remarques pourtant.

Ce ne sont pas les agriculteurs qui profiteront de ce marché grandissant. En Belgique par exemple il n’y a que deux producteurs de sucre : Iscal Sugar à Fontenoy et Tiense Suikerrafinaderij à Tirlemont. Ce sont eux qui encaissent la valeur ajoutée dans la chaîne de production sucrière.

Et puis, bien que l’UE soit le plus grand producteur mondial de sucre à base de betteraves, ce sucre ne compte que pour 20 % de la production sucrière mondiale. Les 80 % sont d’origine de canne à sucre, dont le Brésil est le premier producteur et vendeur. Le prix mondial du sucre est donc pour une bonne partie déterminée par la situation politique et économique de ce pays-là – menant récemment à une forte baisse du taux de change de la monnaie nationale, le real.

Une fois de plus, la « libéralisation » du marché pourrait se passer au dépens des producteurs de la matière première.

 

Zoning industriel éolien

Le site franco-belge Friends against wind publie le témoignage d’une certaine Rose-Line sur l’impact de l’implantation d’une centrale éolienne dans son village. Le texte ne précise pas de quel village belge il s’agit, mais la rédaction du site y a ajouté une photo d’Estinnes, en Hainaut.

Estinnes

La situation à Estinnes est incomparable à celle des Hautes Ardennes. Là-bas il y a un paysage plat, et le village se trouve au milieu de champs et de prés. Mais les éoliennes, elles sont bien comparables – et elles sont énormes. Voici quelques photos (la petite porte mesure 2m de haut; on peut s’imaginer la hauteur et la circonférence de la tour):

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Mais bon, voici le témoignage de « Rose-Line »:

« Nous habitions depuis 2006 un petit village perché calme, dans une belle nature arborée où il faisait bon vivre.

Les oiseaux communs étaient nombreux, les migrateurs passaient, s’y arrêtaient pour nicher, reprendre des forces avant de reprendre leur vol pour des contrées proches ou lointaines.

Mais hélas, un promoteur agissant pour le compte d’une multinationale, fit du démarchage auprès des cultivateurs et propriétaires terriens, en leur faisant miroiter un gros bénéfice s’ils louaient des parcelles de terrain pour y installer un zoning industriel éolien de 4 machines (5 000 € la parcelle) ; ceci à l’insu de la population rurale très ignorante des nuisances et des répercussions à venir sur leur santé, leur environnement et sa biodiversité. Une réunion d’information publique fut organisée pour amadouer les futurs riverains, où tous les côtés négatifs de ces engins furent absolument passés sous silence.

Quelques mois plus tard, à 3 km de chez nous, 4 éoliennes se mirent à tourner en faisant un bruit de fond épouvantable (bruit d’avion sans interruption rythmé par les bruits saccadés des pales passant devant les fûts). Tous ces bruits s’entendaient jusqu’à plus de 5 km aux alentours en fonction de la force du vent et de sa direction. En outre, la signalisation lumineuse prévue pour l’aviation était au nombre de 40 flashs par minute, soit 57 600 flashs par 24 heures (230 400 flashs avec 4 éoliennes !), qui s’invitaient dans les habitations, et pour certaines habitations s’ajoutaient les effets stroboscopiques.

C’en était terminé de notre belle tranquillité, de notre belle qualité de vie en milieu rural et naturel, les nuits devinrent pénibles.

Depuis 2007, les bruits des éoliennes, aériens et souterrains, perturbent notre sommeil, soit en nous réveillant en sursaut à chaque changement de direction du vent (arrêt des machines qui changent de direction et remise en route), soit en nous empêchant carrément de dormir, tant ils sont puissants en décibels et basses fréquences, en fonction de la force du vent qui accélère le mouvement des pales lancées à grande vitesse et ce qui entraîne le rotor !
Pour exemple, un vent de 25 km/h qui agit sur le rotor 18 fois par minute, donne :
18 × 60 minutes × 3 pales × 4 machines = 12 960 passages par heure des pales devant les fûts !
Imaginez les bruits que cela peut engendrer !
De 10 dBA la nuit que nous avions avant de subir ces nuisances sonores, nous avons depuis un minimum de 34 dBA quand les machines sont à l’arrêt, puisqu’elles restent sous tension électrique au cas où…, et bien sûr beaucoup plus de bruit quand elles tournent !

Très vite sont apparus des troubles du sommeil, des réveils en sursaut, des insomnies, une grande fatigue due au manque de sommeil, des maux de tête, de l’irritabilité. Cette fatigue est devenue persistante et permanente.

Puis sont apparues chez mon voisin de la tachycardie, des fibrillations surtout les nuits où le vent soufflait à plus de 18 km/h. De nombreuses nuits se réveillant en grande souffrance cardiaque, il a fallu l’emmener d’urgence à l’hôpital où il a subi plusieurs chocs électriques pour remettre le cœur en rythme, de 2010 à 2015, puis, plusieurs interventions chirurgicales afin de cautériser les zones en fibrillations, et finalement lui poser un pacemaker. Cependant, par nuit venteuse et bruyante, l’arythmie et la fibrillation réapparaissent. Il faut encore ajouter une tumeur en 2017 et des problèmes visuels.

Pour moi, la fatigue des nuits sans sommeil est devenue telle que mon immunité a fortement baissée, ma santé s’est fragilisée avec perte de poids, migraines, acouphènes, hyperacousie, vertiges, et depuis 2015, la fibromyalgie s’est ajoutée.

En 2014, malgré les protestations des riverains, 5 nouvelles machines ont été ajoutées (15 000 € par parcelle louée). Nous avons obtenu qu’elles soient bridées et que la signalisation lumineuse soit supprimée, mais les nuisances sonores persistent et notre mal-être s’accentue.

Bien évidemment, les impacts de ce zoning industriel éolien ont fait fuir une grande partie de l’avifaune et de la faune ainsi que la biodiversité du sous-sol.

Le comble, c’est que certains médecins consultés préconisent prudemment de déménager !

La situation est absurde, elle est surtout scandaleuse, car une technologie qu’on nous dit « verte » et « inoffensive », contraint les citoyens à abandonner leur bien, leur tranquillité et leur qualité de vie !

N. B. : Plusieurs habitants du village développent des problèmes de santé, des enfants ont des frayeurs nocturnes, font des cauchemars, sont agités, et ceci, les mêmes nuits venteuses !!! »

Des chapelles et une petite gazette

Depuis plus de dix-sept ans René Henry publie sur La petite gazette des articles et des histoires sur divers aspects du patrimoine régional wallon, qu’il soit matériel ou immatériel.

Depuis presqu’un an et demi il anime le site https://lapetitegazette.net, et c’est là qu’il vient de publier « Les belles chapelles de nos régions et leurs histoires … ».

Un extrait :

« Monsieur Jacques Defgnée, de Mont Comblain, prépare, avec les membres de l’a.s.b.l. « La chapelle de Mont », une exposition qui, l’an prochain, mettra à l’honneur la chapelle bien entendu, mais aussi son ensemble unique  en Province de Liège, et pourtant non répertorié, de quatre vitraux qui commémorent la Résistance pendant la guerre 40 – 45 et, plus précisément, le groupe Bayard et Les Mouettes Blanches. Bien entendu, les responsables de cet intéressant projet ont déjà réuni de nombreuses informations sur le sujet en puisant dans la mémoire de quelques spécialistes locaux, mais aussi en faisant une lecture très attentive de l’excellent mensuel « Les Echos de Comblain ». Néanmoins, certains documents suscitent encore de nombreuses interrogations ; aussi Monsieur Defgnée a-t-il, tout naturellement, pensé mettre les lectrices et les lecteurs de La Petite Gazette à contribution.

Nous aurons l’occasion, dans les semaines à venir, de nous pencher de plus près sur le passé de cette chapelle, mais, en attendant, je vous livre le premier document qui réclame des précisions…

Quelqu’un pourra-t-il nous aider à identifier les enfants photographiés sur cette ancienne photographie ? La moindre indication pourrait s’avérer essentielle ; aussi, si vous pensez reconnaître qui que ce soit sur ce cliché, je vous engage vivement à m’envoyer un petit courrier. »

Un site à suivre.

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